#n°1 Deb
Nous sommes le 1er juin 2026, premier jour du dernier mois du premier semestre 2026, année de renouveau.
Moi, c’est Deborah, j’ai 35 ans, je suis maman de 3 enfants, je suis entrepreneure et salariée, pompier volontaire, et présidente de la Foll’assoc, l’association qui porte la Foll’atypie le temps que celle-ci devienne indépendante.
Je suis, comme on pourrait le dire, quelqu’un d’atypique, j’ai un cerveau qui a tendance à tourner à mille à l’heure, je pense souvent trop, et ça m’a épuisé pendant de nombreuses années. Epuisée, au point de me retrouver, à l’aube de mes 28 ans, complétement perdue, merci le DAEU et la philosophie, à étudier deux thèmes, le temps et l’image, pour mieux me rendre compte du temps perdu à essayer de me fabriquer une image, qui pourrait correspondre à ce qu’on attendait de moi.
Fin 2018, une séparation. Début 2019, une thérapie, un diagnostic d’hypersensible, un besoin immense de me connaître, me comprendre. Puis, une lecture pendant l’été 2019, « Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin, à ce moment-là, j’en suis sûre, je suis surdouée. J’intégre en parallèle cette année-là le corps des sapeurs-pompiers de l’Isère, tout roule comme je le pense, du moins, c’est ce que je crois.
Fin 2019, c’est parti pour un test de QI, depuis l’été, j’ai fini ma formation initiale SPV, je commence à décaler, je continue d’avancer, j’y crois encore, à cette intelligence supérieure, peut-être même que je m’enferme dedans. Premier rendez-vous, l’anamnèse. Deuxième rendez-vous les exercices/tests, puis, dernier rendez-vous, à l’aube de mes 29ans, les résultats… Un nombre, 113, mais, pas vraiment calculable, car trop hétérogène à travers les items, notamment au niveau de l’IRM et l’IMV, qui sont inférieurs au reste. Un sentiment, déception. Comment j’ai bien pu penser que moi, j’étais surdouée?
Je vais sauter le chapitre sur l’autoflagellation que je me suis infligée pour ces pensées, la descente dans laquelle j’ai plongé tête la première, et accélérer au moment où, mon besoin de compréhension de mon fonctionnement cérébral devient un nouvel intérêt spécifique, qui me pousse à élargir mes recherches, et sortir de ces idées de surdouance.
Qui dit intérêt spécifique, dit lecture, recherches, lecture, recherches, introspection, écriture, lecture, recherches, et ainsi de suite. Beaucoup d’études en anglais, à ce moment là (début 2020), quasiment tout ce que je cherche vient du Canada. Je commence à découvrir l’autisme, mais aussi le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité. Je lis, encore et encore, je compare, j’analyse, par rapport à ma façon d’être. Tour ça se passe un peu avant le Covid-19, ce qui me permettra de passer 3 mois de confinement « agréables », car au lieu de me faire la guerre, je fais tout pour faire la paix avec moi, mon vrai moi, pas celui que j’ai caché toutes ces années derrière un « faux-self » comme je le lirai de nombreuses fois, dans divers articles de psychologie.
J’ai passé plus de 2 ans dedans, j’ai entamé une seconde thérapie, avec une psychologue spécialisée dans le TSA, quelques tests, quelques restitutions, une confirmation de plus en plus présente, je suis atypique, pour autant, j’y suis autant dans le TSA que le TDAH, une louve hybride perdue au milieu des…. Se pose alors la question du diagnostic officiel.
Car on m’a dit, que si j’étais autiste, je ne pourrais être pompier. On m’a aussi dit, que je n’étais pas légitime de parler d’atypie sans être diagnostiquée. On m’a dit ci, on m’a dit ça, j’ai cogité, j’ai flippé, et j’ai renoncé. Des cases, encore des cases. Par chance mon QI était inférieur à 130, je n’étais donc pas surdouée, je ne me suis donc pas enfermée dans une nouvelle case. Je décide donc, que je m’en fous du terme, je suis atypique oui, je suis hybride oui, j’ai compris qu’il n’y a pas de traitement, pas de solutions miracles pour réinitialiser mon cerveau, donc, seule chose à faire, apprendre à vivre avec.
Cela va faire maintenant 6 ans que j’apprends. Je tombe, je me relève. Je fais un pas en avant, trois en arrière. Je n’ai pas encore la solution parfaite, mais si je regarde où j’étais, et où j’en suis, je ne peux que constater l’évolution permanente. J’ai grandi, j’ai conscientisé, j’ai acté, et surtout, j’ai osé.
J’ai osé, en ce soir de décembre 2024, rassembler plusieurs personnes afin de voter les statuts de ma Foll’assoc, un projet associatif de longue date, destiné à créer de la vie, du lien, du bien. Depuis 18 mois maintenant, on développe, on prend confiance, on implante nos racines, et on lâche rien.
La Foll’atypie, c’est la petite sœur, ou la fille, je ne sais pas trop, celle qui va bientôt devenir indépendante, et qui va s’occuper de toute la partie atypie (comme son nom l’indique :d),ici, ce sera notre utopie, celle où l’on parlera de tout ce qui touche, de près, où de loin, au handicap, physique, mental, visible, invisible. Mais pas seulement, on parlera aussi de la vie, la vraie, celle sans masque, celle où seul l’être compte. Puis aussi de la misère, de l’éducation, bref, de tout ce qui nous permettra, de rendre tout ça « normal », même si, qu’est ce que la normalité?
Je vais m’arrêter là pour ce soir, poster sans relire, sans réflechir, car, le temps passe, et je sais maintenant que mon côté perfectionniste ne disparaitra pas, et que rien ne sera jamais parfait, alors, un pas de plus, pour que, 2026, soit réellement, mon renouveau.
Prenez soin de vous, aimez la vie, riez, dansez, pleurez, aimez, et tout ce qui vous fera vibrer…
Cœur sur vous